Derrière le n°49

Combien de fois ? Combien de fois suis-je passé devant ce numéro 49 de la montée de Costebelle ? Des dizaines, des centaines. Peu importe. Le quartier est propice aux belles adresses, cachées dans la forêt, dans des écrins de nature au milieu de la ville (le Plantier, Notre-Dame de Consolation..) Mais en passant le portail de la dite Villa Magdala, c’est dans l’histoire que je m’apprêtais à plonger. Une plongée merveilleuse dans un nouveau lieu, privé, qui s’ouvre à la Culture et au public. Plus qu’un lieu, une bastide peut-être parmi les plus anciennes de la ville, qui a vu défiler aristocrates et autres Reine Victoria au XIXème siècle. Excusez du peu ! Et dans ce lieu riche en histoire aux oliviers multi-centenaires que je pose ma caméra. Quel honneur ! Quel bonheur !


L’héritage en Culture

Riche d’un passé oscillant entre gloire aristocrate et triste abandon, la Villa Magdala est en cours de réhabilitation sous l’impulsion – que dire – la passion, de sa nouvelle propriétaire, Marie-Magdeleine Lessana. Outre un parc exceptionnel de 3 hectares, nichés au cœur de la ville, le lieu incite à la contemplation. Puits, bassins, oliviers géants, tuiles anciennes, jarres antiques… l’œil est attiré partout.

À l’origine agricole, cette Villa fut transformée au cours du XIXe siècle en une résidence de villégiature par des aristocrates anglais

Son histoire s’inscrit dans celle de la ville qui est devenue une station climatique d’hiver réputée auprès de la communauté britannique.


Entre terres et mer

Daniel Pennac a écrit sur son ami et artiste :  « Je vis dans le regard de Richard Ballard ». Ce qu’il a vu est sur les murs […] Je vois un tournesol rouge, des meules de foin roulées dans l’or et l’ombre d’un soleil couchant, un if sombre de la Drôme, un grand champ de tous les verts mêlés, des nuages saisis dans le mouvement de leur passage…« 

En 1992, la sécheresse et la chaleur étouffante du désert Australien lui inspirent la série Rouges

Une autre approche de la peinture en utilisant la nature et le paysage comme inspiration

Pour cette première ouverture au public, la Villa Magdala propose une exposition monographique du regretté peintre Richard Ballard (1951 – 2021). En poussant les portes de la Villa encore en rénovation (mais tellement adorable dans sa patine presque originelle), je plonge dans la nature magnifiée par l’artiste : sa puissance imprenable, son drame organique, son vertige insondable. Son œuvre me touche, aussi bien dans les aquarelles de Giens que dans cette achillée qui me replonge dans l’enfance. Que dire de ces immenses toiles monochromes aux tons rouges-orangés qui irradient une luminosité venant de l’intérieur même de la peinture ?

Un rideau de feu, intense qui renvoi aujourd’hui au changement climatique inévitablement.

La fille du peintre toujours émerveillée par son papa ♥

Marie-Magdeleine Lessana a choisi de préserver la caractère architectural et envirronemental de la Villa.


Innombrables techniques

Après la première « claque » des lieux, c’est un second effet d’admiration qui vient me secouer le nerf optique. Je suis totalement impressionné par lea quantité de techniques maitrisées à la perfection par le peintre. Il savait tout dessiner et peindre. Sa série « pylônes » utilise une technique de projections orthogonales en quadrillant la surface du papier pour représenter d’imposants pylônes électriques dans un paysage contemporain. Ballard commence par le noir et blanc, puis il apporte relief et matière au tableau et ajoute de la poudre de fer qu’il fait rouiller en vaporisant sur le papier de l’acide chlorhydrique. Bluffant.

Richard Ballard entrecroise lignes et câbles électriques sur fond de ciel qui pleure

L’artiste Ballard, l'idée d’explorer la splendeur des rayons du soleil

Ses aquarelles à la Tuner (pas Tina ni Ted hein, mais Joseph Mallord William) jouent les imprévus inhérents à l’aquarelle avec virtuosité. Ballard mélange différents pigments pour atteindre des tons de couleurs uniques. Ironie de l’Histoire, c’est dans une pièce aux tons quasiment similaires que l’un de ses plus beaux tableaux (offert à une équipe hospitalière parisienne) est présenté ici. Magnifique.

Ses meules de foin, ses arbres, ses tournesols au fusain….l’œuvre de Richard Ballard est une ode au réel, à la présence discrète et pourtant évidente. Paysages magnifiés, détails sublimés… c’est un univers unique que vous pourrez admirer (et acheter).

La Villa Magdala, une nouvelle entité artistique et culturelle qui préserve la beauté du site, l’intérêt patrimonial du lieu et la magnificence de son parc.

La Villa Magdala est ouverte du 2 juillet au 18 septembre 2022, les week-ends de 15h à 20h uniquement sur rendez-vous par mail à : contact@villamagdala.fr